Névrome de Morton: qu’est ce que c’est?

La maladie de Morton ou névrome de Morton est une pathologie fréquente du pied. Elle touche 3 femmes pour 1 homme et est caractérisée par des douleurs de l’avant-pied. Sa localisation est généralement entre les 3e et 4e orteils, mais peut parfois atteindre l’espace entre les 2e et 3e orteils.

La sensibilité des orteils est assurée par des nerfs situés entre les métatarsiens, sous le pied. Ces nerfs peuvent être irrités et s’enflammer, entraînant une gêne très importante et douloureuse avec symptômes neurologiques, comme des fourmillements ou une anesthésie des orteils. Lorsque ces symptômes sont présents, le diagnostic est confirmé facilement. Dans le cas où seule la douleur est présente, il est important de faire la distinction entre un vrai Morton, et d’autre pathologies douloureuses de l’avant-pied, comme des bursites, métatarsalgies, etc..

 

Diagnostic

L’examen clinique et l’historique sont généralement suffisants, mais on propose souvent un examen radiologique (échographie ou IRM) permettant d’affiner le diagnostic. La taille du nerf est un point important, car lorsqu’il est comprimé durant une longue période, la structure interne du nerf tend à se modifier et le nerf grossi de manière définitive, augmentant encore la compression de cette structure avec les os/ligaments voisins et précipitant des douleurs de plus en plus fortes.

 

Comment vivre avec un névrome de Morton?

La compression du pied entraine un écrasement du névrome et une augmentation des douleurs. Préférez donc des chaussures souples, larges et privilégiez les chaussures rondes plutôt que pointues. Les talons hauts sont également à limiter car ils augmentent la pression sous l’avant du pied. Choisissez donc bien vos chaussures!!!

Enfin, le port de semelles orthopédiques spécifiques peut améliorer la situation en redistribuant les charges ou en corrigeant un hyper-appui localisé.

 

Que faire en cas d’échec?

 

Si vous avez modifié vos habitudes de chaussage, mis en place des semelles et que les douleurs ne font qu’empirer, il est conseillé de consulter votre médecin traitant ou un orthopédiste. Une fois le diagnostic confirmé, des infiltrations peuvent être effectuées et aident généralement temporairement. Pour un résultat à long terme, il faudra peut-être recourir à la chirurgie afin d’enlever complètement ce nerf malade, ou, dans les cas les plus légers,  le décomprimer.

Dans tous les cas, n’attendez pas le dernier moment pour consulter, car plus le problème est pris à temps, meilleurs seront les résultats.

Pour de plus amples informations sur le névrome de Morton ..>

 

 

Fasciite plantaire: une pathologie à l’origine controversée

Auteur: Dr Adrien Ray

Épine de Lenoir

 La fasciite plantaire, parfois appelée épine de Lenoir, est la principale cause de talagies (douleurs du talon) et représente 11-15% des consultations spécialisées.  Elle correspond à une atteinte du fascia plantaire (pour de plus amples informations, lire notre article…). Ce fascia correspond à une longue structure fibreuse, reliant le talon aux orteils. Le terme épine de Lenoir est souvent évoqué lorsqu’on parle des blessures des athlètes comme les basketteurs, les coureurs de fond ou les footballeurs. Elle se présente généralement comme une douleur aiguë, très invalidante, augmentée par l’activité et particulièrement prononcée au réveil. Le risque principal est la chronicisation et donc l’installation de ces douleurs au quotidien. Bien que l’existence de cette pathologie se soit démocratisée, son origine reste néanmoins peu comprise. La communauté scientifique s’accord à lui reconnaître des causes multiples, liées à de nombreux facteurs comme l’âge, le poids ou un travail lourd. Le consensus s’arrête là, et les discussions restent passionnées concernant sa véritable nature.

Une véritable pathologie inflammatoire?

Lorsque vous retrouvez le suffixe -ite à la fin d’un mot, cela correspond à une inflammation. Conjonctivite (conjonctives), tendinite (tendon) ou sinusite (sinus) en sont de classiques exemples. Le mot fasciite signifie donc « inflammation d’un fascia ». Cette pathologie a donc longtemps été considérée comme telle et décrite comme une cascade de phénomènes inflammatoires dus à un stress local. Or, il est difficile d’expliquer que cette « inflammation » ne se résorbe pas après quelques jours de repos, comme la plupart des inflammations aiguës. Des biopsies ont été faites sur cette structure et ne montrent que peu d’inflammation. La fasciite plantaire n’est donc pas une maladie inflammatoire. Il faut alors se tourner vers un processus dégénératif.

Microtraumatismes et lésions tissulaires

L’études des atteintes du tendon d’Achille ou d’autres tendons ont permis de mieux comprendre le phénomène responsable de la fasciite. Les chocs répétés entraînent des microfissures ou déchirures dans les structures tendineuses. Il s’agit ensuite d’un délicat équilibre entre la survenue de ces traumatismes et la capacité des corps à les guérir. Tant que l’équilibre est conservé, le pied est indolore. Lorsque la balance penche en faveur des traumatismes, on note une dégénérescence du tissu concerné, une destruction progressive pouvant aboutir à une rupture complète et la calcification des lésions (d’où l’apparition d’une épine osseuse). La fasciite est donc une pathologie dégénérative et non inflammatoire.

Rôle du mollet et de sa contracture

Les discussions les plus passionnantes sur la fasciite plantaire ou l’ épine de Lenoir sont actuellement centrées sur le rôle du tendon d’Achille. Ce dernier est formé par le confluant de deux muscles du mollet: le gastrocnémien et le soléaire. Ces deux muscles, très puissants, permettent la flexion de la cheville. Lorsque le gastrocnémien est trop court ou trop tendu (syndrome du gastrocnémien court), il entraîne une cascade de retractions et en particulier celle du fascia plantaire. Celui-ci est donc intimement lié au mollet par un complexe de structure appelé système gastro-calcanéo-plantaire, si cher à l’école chirurgicale espagnole. Le syndrome du gastrocnémien court est fréquent et semble responsable d’un nombre considérable de pathologies du pied. L’équipe de DiGiovanni a montré en 2009 que 85% des patients souffrant de fasciite plantaire ont une rétraction des muscles du mollet. Ces découvertes montrent que cette pathologie très fréquente est peut-être la pointe d’un iceberg bien plus complexe et qu’une prise en charge plus large doit être proposée aux patients, en ne se concentrant pas que sur le fascia, mais aussi sur le reste de la musculature et de la statique. Pour en savoir plus sur la fasciite plantaire…

Hallux valgus : Mythes et réalité

Auteur: Adrien Ray

1. « L’ hallux valgus est dû aux talons hauts »

L’ Hallux valgus est une déformation complexe dont l’origine n’est pas encore parfaitement comprise. L’architecture osseuse, le caractère génétique, l’hyperlaxité ainsi que bon nombre d’autres facteurs sont reconnus comme participant à son développement. A ce jour, cependant, aucune étude n’a prouvé le rôle des talons hauts dans le genèse de cette pathologie. En entraînant un déplacement du centre de gravité antérieurement, ils augmentent la symptomatologie et les douleurs, tout comme l’étroitesse de ces chaussures. Ils représentent donc un facteur aggravant dans un context d’ hallux valgus déjà installé.

2. « Il faut attendre que les douleurs soient très importantes avant de consulter »

Le traitement chirurgical des oignons a montré une grande évolution depuis une vingtaine d’année. A l’époque, la chirurgie était souvent compliquée de récidives, de douleurs ou du développement d’autres problèmes alors peu compris. La prudence était alors de mise et on conseillait aux patients d’attendre que la symptomatologie soit très avancée pour discuter d’une correction. Actuellement, la pathologie est bien mieux comprise, les gestes chirurgicaux maîtrisés et il est conseillé de consulter dès que la gène ou les douleurs s’installent. On sait aussi que d’autres problèmes, comme l’arthrose, peuvent surgir si la déformation est laissée des années sans correction.

3. « La chirurgie de correction d’un oignon au pied est très douloureuse »

Si vous posez la question à une femme opérée d’un oignon au pied il y a 25 ans, il y a de forte chance qu’elle décrive cette expérience comme un réel traumatisme, souvent comparée aux douleurs de l’accouchement. Là encore, cette vision n’a plus du tout court aujourd’hui. Avec le développement des techniques chirurgicales et anesthésiques, la douleurs n’est clairement plus un problème. Naturellement, chaque personne perçoit la douleur différemment, mais elle est transitoire, bien gérée par les médicaments et on décrit rapidement une gêne plus qu’une veritable douleur.

4. « On peut corriger les oignons au laser »

Il s’agit ici d’une information fausse. Il n’existe actuellement AUCUNE technique de correction au laser d’un oignon au pied. La chirurgie mini-invasive, ou percutanée, permet d’effectuer cette chirurgie par une ou plusieurs incisions d’un millimètre. Cependant, les gestes osseux effectués par ces incisions sont faits par des fraises tournant à grande vitesse et absolument pas au laser.

Pour en savoir plus sur l’hallux valgus…