Atlas sur les voies d’abord du pilon tibial

Après plusieurs années de recherche et de travail, je suis très heureux de vous annoncer la publication de notre atlas médical sur la thématique de l’approche chirurgicale des fractures du pilon tibial.
Il s’agit avant tout d’offrir un contenu pratique et exhaustif à nos collègues chirurgiens et traumatologues pour la prise en charge de ces lésions complexes.
Cet ouvrage est actuellement le livre le plus complet dans le domaine.
Merci à Mathieu Assal, Richard Stern et Mikki Dalmau pour ce travail en commun.
 
Le livre est désormais disponible à l’achat
 
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Covid-19: modification de notre activité

Covid19

 

 

Suite à l’évolution de la pandémie du Coronavirus, l’activité du Centre de Chirurgie du Pied est modifiée comme suit:

  • Les nouvelles consultations et contrôles non-urgents sont annulés jusqu’à nouvel ordre (8 semaines minimum).
  • Toutes les chirurgies non-urgentes sont annulées et repoussées
  • Le secrétariat reste accessible par téléphone le matin et naturellement par e-mail ( à privilégier). Nous répondrons rapidement à chacun d’entre-vous
  • Dans la mesure du possible, nous effectuerons certains contrôles par téléphone afin d’assurer un suivi à la majeure partie de nos patients
  • Nous vous invitons à suivre les recommandations décrites par l’Hôpital de la Tour 

Il s’agit de recommandations issues de la FMH, de la confédération,  de la société genevoise des chirurgiens orthopédiques ainsi que du service de chirurgie orthopédique de l’Hôpital de la Tour. Tous les chirurgiens orthopédistes du canton suivent ces recommandations.

Nous contactons petit-à-petit tous les patients prévus en consultation pour modifier l’agenda comme décrit ci-dessus.

Nous mettons toutes les ressources possibles de côté pour soutenir nos collègues des Hôpitaux Universitaires quand le besoin se fera sentir, ce qui malheureusement risque d’arriver avec le pic infectieux. 

Nous sommes persuadés que vous comprenez l’importance de ces mesures pour vous protéger vous-même, vos proches et le reste de la population. Il s’agit là d’actions nécessaires soulignant la responsabilité que chacun d’entre nous porte dans l’évolution de cette crise.

Il est impossible de savoir quand notre activité pourra reprendre normalement. Tout dépend de l’évolution de la pandémie. Bien entendu, nous rappellerons chaque patient une fois la tempête passée pour réorganiser nos consultations/chirurgies. Tous les dossiers sont mis en suspens mais vous serez recontactés au plus vite. De nombreuses consultations peuvent être faites correctement par téléphone ce que nous voulons privilégier. N’hésitez donc pas à nous contacter. D’ici là, prenez soin de vous, restez à domicile et protégez les plus fragiles. 

 

Merci à tous pour votre compréhension

Dr Adrien Ray

Névrome de Morton: qu’est ce que c’est?

La maladie de Morton ou névrome de Morton est une pathologie fréquente du pied. Elle touche 3 femmes pour 1 homme et est caractérisée par des douleurs de l’avant-pied. Sa localisation est généralement entre les 3e et 4e orteils, mais peut parfois atteindre l’espace entre les 2e et 3e orteils.

La sensibilité des orteils est assurée par des nerfs situés entre les métatarsiens, sous le pied. Ces nerfs peuvent être irrités et s’enflammer, entraînant une gêne très importante et douloureuse avec symptômes neurologiques, comme des fourmillements ou une anesthésie des orteils. Lorsque ces symptômes sont présents, le diagnostic est confirmé facilement. Dans le cas où seule la douleur est présente, il est important de faire la distinction entre un vrai Morton, et d’autre pathologies douloureuses de l’avant-pied, comme des bursites, métatarsalgies, etc..

 

Diagnostic

L’examen clinique et l’historique sont généralement suffisants, mais on propose souvent un examen radiologique (échographie ou IRM) permettant d’affiner le diagnostic. La taille du nerf est un point important, car lorsqu’il est comprimé durant une longue période, la structure interne du nerf tend à se modifier et le nerf grossi de manière définitive, augmentant encore la compression de cette structure avec les os/ligaments voisins et précipitant des douleurs de plus en plus fortes.

 

Comment vivre avec un névrome de Morton?

La compression du pied entraine un écrasement du névrome et une augmentation des douleurs. Préférez donc des chaussures souples, larges et privilégiez les chaussures rondes plutôt que pointues. Les talons hauts sont également à limiter car ils augmentent la pression sous l’avant du pied. Choisissez donc bien vos chaussures!!!

Enfin, le port de semelles orthopédiques spécifiques peut améliorer la situation en redistribuant les charges ou en corrigeant un hyper-appui localisé. 

 

Que faire en cas d’échec?

 

Si vous avez modifié vos habitudes de chaussage, mis en place des semelles et que les douleurs ne font qu’empirer, il est conseillé de consulter votre médecin traitant ou un orthopédiste. Une fois le diagnostic confirmé, des infiltrations peuvent être effectuées et aident généralement temporairement. Pour un résultat à long terme, il faudra peut-être recourir à la chirurgie afin d’enlever complètement ce nerf malade, ou, dans les cas les plus légers,  le décomprimer.

Dans tous les cas, n’attendez pas le dernier moment pour consulter, car plus le problème est pris à temps, meilleurs seront les résultats.

Pour de plus amples informations sur le névrome de Morton ..>

 

 

Football: Douleurs et traumatismes de chevilles

Pourquoi le football est-il si contraignant pour le pied et la cheville ? Bien que la question soit simple, la réponse n’en est pas moins complexe. Il existe une multitude de points spécifiques qui s’additionnent et créent alors des conditions favorables aux traumatismes et à une douleur à la cheville. Il suffit de suivre un match et les joueurs pour comprendre la source de ces lésions du pied. Le football est un sport où les accélérations doivent être explosives, le port de crampons entraîne des contraintes majeures en bloquant le pied par rapport au reste du corps, les hyperflexions et hyperextensions de la cheville blessent l’articulation, les contacts directs (tacles, etc..) peuvent être très violents… Bref, les sources de traumatismes sont légion et tout footballeur qui se respecte a souffert, tôt au tard, de problèmes de ses membres inférieurs.

Conflit articulaire (douleur à la cheville)

douleur à la cheville - conflit articulaire cheville

Le conflit articulaire est défini par un blocage mécanique d’une articulation. Les causes sont nombreuses mais on retrouve généralement des excroissances osseuses ou des cicatrices fibreuses de part et d’autre de l’articulation. Lorsque la cheville est mise en flexion ou extension, ces excroissances rentrent en contact les unes avec les autres, bloquant le mouvement et entraînant des douleurs (cf image ci-dessus).
Des études scientifiques ont montré que les mouvements forcés, lors de la frappe d’un ballon par exemple, imposent un impact violent entre les os de la cheville.  Ceci entraine des microlésions de l’os et un saignement (hématome) qui, bien qu’indolores, finissent avec les années par se calcifier. Il est d’ailleurs assez simple de reconnaitre un jeune footballeur uniquement en regardant ses radiographies de cheville qui souvent montrent le développement de ces excroissances, aussi appelées ostéophytes.  

Les lésions ligamentaires (entorses, par exemple) peuvent aussi entraîner un blocage, en créant une masse de tissus fibreux dans la cheville. Elle est généralement située sur le bord latéral de la cheville, avec une zone douloureuse très spécifique.

Bien que ces excroissances soient généralement asymptomatiques, il est parfois nécessaire de les opérer en cas de douleurs persistantes ou de blocages. Le développement de l’arthroscopie de cheville a été une vraie révolution dans la compréhension et le traitement de ces lésions. 

 Pour plus d’informations, retrouvez notre page spécifique sur les conflits de cheville)

 

Entorse de la cheville

 

Impossible de parler de traumatologie du footballeur sans se pencher spécifiquement sur les entorses de cheville.
Le design des chaussures de football est clairement un des facteurs de risque principaux d’une douleur à la cheville. Courir avec des crampons est évidemment obligatoire sur un terrain de football, sans quoi la liste des traumatismes serait certainement deux fois plus longue! Cependant, l’instant spécifique où les crampons sont plantés dans le sol est un moment particulièrement dangereux. A ce moment précis, le pied est fixé dans une position alors que tout le reste du corps est en mouvement. Il suffit alors que le mouvement soit modifié pour entraîner des forces extrêmes au niveau articulaire. C’est en général à ce moment que surviennent les lésions ligamentaires du genou, les entorses de cheville, ou les fractures. Il existe d’autre facteurs de risque important comme un défaut d’axe des membres inférieurs, une laxité ligamentaire, un pied creux, etc…

L’entorse de cheville est une lésion des ligaments stabilisant les os. Distendus, déchirés ou rompus, ils peuvent ne plus jouer leur rôle et rendre la cheville instable ou douloureuse chroniquement. Il est important de bien entraîner la musculature de sa cheville et d’effectuer régulièrement des exercices d’équilibre (proprioception) afin de limiter les risques d’entorses ou de douleur à la cheville. Assurez-vous aussi de l’entretien et du choix de vos chaussures de football voir de l’ajout de semelles sur mesure.

 

Arthrose de la cheville

douleur à la cheville - Cheville normale vs arthrose de cheville

Il s’agit d’une question et préoccupation fréquentes des footballeurs, professionnels ou amateurs. Contrairement aux autres articulations comme la hanche ou le genou, l’arthrose de cheville est généralement post-traumatique, c’est à dire que l’arthrose se développe dans les suites d’un traumatisme majeur de la cheville, même ancien. On retrouve classiquement une fracture de cheville, de l’astragale ou du tibia dans l’historique des patients souffrant d’arthrose. Il n’a jamais été prouvé que l’hyper-utilisation de la cheville, comme par exemple chez un sportif d’elite, était en soi source d’arthrose. Il est évident que plus on utilise une articulation lésée, plus les dégâts sont rapides, mais il est alors nécessaire de présenter une pathologie sous-jacente.

On sait cependant que l’instabilité de cheville est une source d’arthrose fréquente. Cette particularité est souvent méconnue et négligée mais il nous parait très important d’être sensibilisés sur le sujet. Plus de 80% des chevilles instables vont développer de l’arthrose à un degré plus ou moins important! Il est donc primordial de suivre une rééducation optimale après une entorse, car nombre d’instabilités sont dues à une traitement insuffisant après le traumatisme. Dans les cas les plus évolués, il est parfois nécessaire de recourir à une stabilisation chirurgicale qui règle le problème d’instabilité et de douleur à la cheville définitivement. 

 

Fracture

douleur à la cheville

 

Les tacles, meilleurs amis d’une bonne défense en fond de terrain, sont probablement les pires ennemis de l’intégrité osseuse du footballeur! La charge, sur un membre bloqué au sol par les crampons, entraîne des fractures parfois sévères et nous avons tous en mémoires ces images impressionnantes de fractures lors de match télévisés. Les os les plus souvent atteints sont le tibia, le péroné et les métatarsiens, mais il existe une longue liste de fractures possibles. Souvenez-vous en si des douleurs liées à un traumatisme sportif peinent à diminuer. 

Il n’y a, évidemment, pas vraiment de moyen de vous protéger de ce type de traumatisme car c’est en général l’adversaire qui entraîne la lésion. Néanmoins, sachez être prudent et n’oubliez pas qu’une chute est souvent beaucoup moins préjudiciable qu’un tacle sur un jambe bloquée. Si vous avez été victime d’un tel traumatisme et que vous avez de la peine à poser le pied à cause d’une douleur à la cheville. Il est fort probable que vous soufriez d’une fracture. Dans ce cas, rendez-vous dans un service d’urgences pour effectuer des radiographies et un examen spécialisé.

 

Mesdames: Les pires chaussures pour vos pieds

Auteur: Dr Adrien Ray

Comment reconnaître les chaussures inadaptées à vos pieds ?

1. Talons ultra hauts
chaussures inadaptées pour vos pieds

Ce type de chaussures entraîne un nombre incalculable de souffrances au niveau du pied, allant des entorses de chevilles aux fractures de stress.

Conflit postérieur

Afin de stabiliser le pied, ces chaussures possèdent généralement un renfort rigide entourant le talon. En cas de chaussage trop petit, l’appui est augmenté et en cas de chaussage trop grand, des frottements peuvent avoir lieu. Cette hyper-pression entraîne des cloques, œdèmes et parfois des douleurs du tendon d’Achille ou du talon.

Mauvaise position du pied

Les talons hauts induisent un déplacement du poids du corps vers l’avant et une surcharge très importante de toute la région antérieure de pied. Cette hyper-pression entraîne une inflammation des structures osseuses (métatarsalgies) ou des nerfs (syndrome de Morton) qui la constituent. Attention en particulier chez les femmes souffrant d’oignons (hallux valgus) car ces chaussures augmentent largement la symptomatologie.

Conseils

Assurez-vous de porter la bonne pointure et n’hésitez pas à protéger votre peau en cas d’atteinte cutanée. La hauteur du talon doit rester raisonnable et on décrit généralement 5cm comme étant la hauteur idéale pour un pied. Vérifiez bien les capacités amortissantes de la partie antérieure des chaussures avant de les acheter et ne craquez pas pour des chaussures inadaptées à vos pieds.

2. Ballerines

chaussures inadaptées pour vos pieds

Compagnon tendance des jours ensoleillés, la ballerine ne pose pas de problème lié au talon. Elle n’en demeure pas moins une importante source de douleurs éventuelles et met vos pieds à rude épreuve.

L’absence de support de l’arche du pied et la souplesse de la semelles induisent des tensions extrêmement fortes au niveau des structures tendineuses et oblige votre musculature à travailler en conséquence. Des douleurs de genoux ou de dos peuvent apparaître et la pathologie la plus classique est une inflammation du talon ou des ligaments plantaires, aussi appelée fasciite plantaire. Redoutable par l’intensité de ses douleurs, elle peut être de traitement particulièrement difficile.

Conseils

Si vous ne jurez que par vos ballerines pour cet été, investissez dans une paire de semelles, idéalement sur-mesure. L’amorti au niveau du talon et le support de la voûte du pied permettra à ce dernier de se reposer et de limiter les risques importants de blessures. Soyez particulièrement vigilantes si vous souffrez de pieds plats, d’arthrose du gros orteil ou de fasciite plantaire, car les ballerines ne feront qu’augmenter la symptomatologie.

3. Talons aiguilles

chaussures inadaptées pour vos pieds

Souvenons-nous qu’une part importante du poids du corps est supportée par le talon. La surface de contact avec le sol est alors importante pour assurer un appui correct. Au-delà de leur hauteur, la finesse de ces talons entraîne ainsi un risque majeur d’entorses de cheville, car ces chaussures sont mécaniquement très instables . Toute femme portant ce type de souliers connaît parfaitement cette sensation de dérobement imminent lorsque le talon glisse sur un pavé ou en cas de pluie.

Conseils

Si vous souffrez d’instabilité chronique de cheville, limitez la hauteur de vos talons ou préférez des talons avec un appui plus large.

4. Chaussures pointues

chaussures inadaptées pour vos pieds

Plates ou à talons, les chaussures à avant pointu sont les pires ennemis de vos orteils. Contraints dans un espace étroit, ils sont comprimés en permanence et la moindre de leur déformations entraînera invariablement des douleurs. Les femmes souffrants d’oignons (ou hallux valgus), de déformations des petits orteils ou du bord latéral du pied, sont particulièrement sujettes à ces lésions.

Conseils 

Sachez reconnaître les chaussures inadaptées à vos pieds. Si vous souffrez déjà de déformations des orteils, choisissez de préférence des chaussures à avant large, rond ou carré, qui s’adaptera beaucoup mieux à votre morphologie. Attention aussi à ne pas prendre des chaussures trop petites qui ne feront qu’amplifier le problème.

En conclusion

Fashionista, sportive assidue ou grande voyageuse, vos pieds sont souvent malmenés par vos chaussures. Au-delà de vouloir écarter toutes les chaussures inadaptées pour vos pieds et nuisibles pour votre santé, il est important de connaître votre morphologie et ses faiblesses. Chaque pied est différent et supporte plus ou moins bien les stress liés à notre activité ou à notre habillement. Sachez alterner les types de chaussures pour permettre à votre corps de se reposer, adaptez vos chaussures à vos faiblesses et ne craquez jamais pour l’achat d’une chaussure inconfortable ou trop petite. Il vaut souvent mieux passer sur un coup de cœur que souffrir à long terme d’un choix malheureux.

Soyez raisonnable si vous voulez porter encore longtemps un éventail de chaussures différentes. Enfin, n’hésitez pas à consulter un spécialiste en cas de douleurs persistantes.

Dans le même domaine: Comment bien choisir ses chaussures de sport

 

Fasciite plantaire: une pathologie à l’origine controversée

Auteur: Dr Adrien Ray

Épine de Lenoir

  La fasciite plantaire, parfois appelée épine de Lenoir, est la principale cause de talagies (douleurs du talon) et représente 11-15% des consultations spécialisées.  Elle correspond à une atteinte du fascia plantaire (pour de plus amples informations, lire notre article…). Ce fascia correspond à une longue structure fibreuse, reliant le talon aux orteils. Le terme épine de Lenoir est souvent évoqué lorsqu’on parle des blessures des athlètes comme les basketteurs, les coureurs de fond ou les footballeurs. Elle se présente généralement comme une douleur aiguë, très invalidante, augmentée par l’activité et particulièrement prononcée au réveil. Le risque principal est la chronicisation et donc l’installation de ces douleurs au quotidien. Bien que l’existence de cette pathologie se soit démocratisée, son origine reste néanmoins peu comprise. La communauté scientifique s’accord à lui reconnaître des causes multiples, liées à de nombreux facteurs comme l’âge, le poids ou un travail lourd. Le consensus s’arrête là, et les discussions restent passionnées concernant sa véritable nature.  

Une véritable pathologie inflammatoire?

Lorsque vous retrouvez le suffixe -ite à la fin d’un mot, cela correspond à une inflammation. Conjonctivite (conjonctives), tendinite (tendon) ou sinusite (sinus) en sont de classiques exemples. Le mot fasciite signifie donc « inflammation d’un fascia ». Cette pathologie a donc longtemps été considérée comme telle et décrite comme une cascade de phénomènes inflammatoires dus à un stress local. Or, il est difficile d’expliquer que cette « inflammation » ne se résorbe pas après quelques jours de repos, comme la plupart des inflammations aiguës. Des biopsies ont été faites sur cette structure et ne montrent que peu d’inflammation. La fasciite plantaire n’est donc pas une maladie inflammatoire. Il faut alors se tourner vers un processus dégénératif.  

Microtraumatismes et lésions tissulaires

L’études des atteintes du tendon d’Achille ou d’autres tendons ont permis de mieux comprendre le phénomène responsable de la fasciite. Les chocs répétés entraînent des microfissures ou déchirures dans les structures tendineuses. Il s’agit ensuite d’un délicat équilibre entre la survenue de ces traumatismes et la capacité des corps à les guérir. Tant que l’équilibre est conservé, le pied est indolore. Lorsque la balance penche en faveur des traumatismes, on note une dégénérescence du tissu concerné, une destruction progressive pouvant aboutir à une rupture complète et la calcification des lésions (d’où l’apparition d’une épine osseuse). La fasciite est donc une pathologie dégénérative et non inflammatoire.  

Rôle du mollet et de sa contracture

Les discussions les plus passionnantes sur la fasciite plantaire ou l’ épine de Lenoir sont actuellement centrées sur le rôle du tendon d’Achille. Ce dernier est formé par le confluant de deux muscles du mollet: le gastrocnémien et le soléaire. Ces deux muscles, très puissants, permettent la flexion de la cheville. Lorsque le gastrocnémien est trop court ou trop tendu (syndrome du gastrocnémien court), il entraîne une cascade de retractions et en particulier celle du fascia plantaire. Celui-ci est donc intimement lié au mollet par un complexe de structure appelé système gastro-calcanéo-plantaire, si cher à l’école chirurgicale espagnole. Le syndrome du gastrocnémien court est fréquent et semble responsable d’un nombre considérable de pathologies du pied. L’équipe de DiGiovanni a montré en 2009 que 85% des patients souffrant de fasciite plantaire ont une rétraction des muscles du mollet. Ces découvertes montrent que cette pathologie très fréquente est peut-être la pointe d’un iceberg bien plus complexe et qu’une prise en charge plus large doit être proposée aux patients, en ne se concentrant pas que sur le fascia, mais aussi sur le reste de la musculature et de la statique. Pour en savoir plus sur la fasciite plantaire…

Hallux valgus : Mythes et réalité

Auteur: Adrien Ray

1. « L’ hallux valgus est dû aux talons hauts »

L’ Hallux valgus est une déformation complexe dont l’origine n’est pas encore parfaitement comprise. L’architecture osseuse, le caractère génétique, l’hyperlaxité ainsi que bon nombre d’autres facteurs sont reconnus comme participant à son développement. A ce jour, cependant, aucune étude n’a prouvé le rôle des talons hauts dans le genèse de cette pathologie. En entraînant un déplacement du centre de gravité antérieurement, ils augmentent la symptomatologie et les douleurs, tout comme l’étroitesse de ces chaussures. Ils représentent donc un facteur aggravant dans un context d’ hallux valgus déjà installé.

2. « Il faut attendre que les douleurs soient très importantes avant de consulter »

Le traitement chirurgical des oignons a montré une grande évolution depuis une vingtaine d’année. A l’époque, la chirurgie était souvent compliquée de récidives, de douleurs ou du développement d’autres problèmes alors peu compris. La prudence était alors de mise et on conseillait aux patients d’attendre que la symptomatologie soit très avancée pour discuter d’une correction. Actuellement, la pathologie est bien mieux comprise, les gestes chirurgicaux maîtrisés et il est conseillé de consulter dès que la gène ou les douleurs s’installent. On sait aussi que d’autres problèmes, comme l’arthrose, peuvent surgir si la déformation est laissée des années sans correction.

3. « La chirurgie de correction d’un oignon au pied est très douloureuse »

Si vous posez la question à une femme opérée d’un oignon au pied il y a 25 ans, il y a de forte chance qu’elle décrive cette expérience comme un réel traumatisme, souvent comparée aux douleurs de l’accouchement. Là encore, cette vision n’a plus du tout court aujourd’hui. Avec le développement des techniques chirurgicales et anesthésiques, la douleurs n’est clairement plus un problème. Naturellement, chaque personne perçoit la douleur différemment, mais elle est transitoire, bien gérée par les médicaments et on décrit rapidement une gêne plus qu’une veritable douleur.

4. « On peut corriger les oignons au laser »

Il s’agit ici d’une information fausse. Il n’existe actuellement AUCUNE technique de correction au laser d’un oignon au pied. La chirurgie mini-invasive, ou percutanée, permet d’effectuer cette chirurgie par une ou plusieurs incisions d’un millimètre. Cependant, les gestes osseux effectués par ces incisions sont faits par des fraises tournant à grande vitesse et absolument pas au laser.

Pour en savoir plus sur l’hallux valgus…

 

Comment bien choisir ses chaussures de sport

Auteur: Dr Adrien Ray

1. Se faire conseiller par des professionnels

Nous n’insisterons jamais assez sur ce point. Choisir la bonne chaussure pour le bon pied est un métier. Etre au top du design c’est bien, ne pas avoir à arrêter sa saison à cause d’une blessure évitable, c’est mieux! Chaque pied est différent et nécessite un chaussage adapté. Certaines marques par exemple sont parfaitement adaptées à un pied fin, alors que d’autres fonctionneront beaucoup mieux avec un pied plus large. Pied pronateur, supinateur, barre de déroulement,…il existe toute une terminologie parfois difficile à comprendre pour le néophyte et les corrections proposées dépendent non seulement de la forme du pied mais aussi du style de course.

Equipez-vous de vos chaussettes habituelles, prenez rendez-vous dans un magasin spécialisé et laissez-vous conseiller en fonction de vos buts et de votre morphologie.

Bien entendu, si vous notez le développement de douleurs sous l’avant du pied ou sous le talon, il est conseillé de consulter un médecin spécialisé.

 

2. Catégories de chaussures de sport

On regroupe généralement les chaussures de sport en 4 catégories : course, fitness, marche et spécifique.

Sélectionnez donc vos chaussures selon leur fonction.

  • Course : on insistera sur leurs capacités d’absorption des chocs, leur souplesse, le contrôle et le maintient du talon, leur légèreté et leurs propriétés propulsives et respirantes.
  • Marche : Soyez attentif à la souplesse du textile et aux propriétés d’absorption de la semelle. Faites très attention aux coutures qui doivent être souples et insensibles. Enfin, la forme de la semelle extérieure doit permettre un bon déroulement du pas lors de la marche.
  • Fitness : Confort, légèreté, respirabilité et propriétés d’absorption sont les éléments les plus importants.
  • Spécifique : football, golf, dance,… certains sports possèdent une gamme spécifique de chaussures. N’oubliez pas qu’il y a une bonne raison à cela et attendez-vous à des blessures si vous faites un match de football sur terrain mouillé et sans crampon!

Si vous effectuez un sport 3 fois ou plus par semaine, prévoyez l’acquisition d’une paire de chaussures spécialisées. Elles ont été conçues spécialement pour assurer une sécurité maximale dans ce type précis d’activités.

 

3. Choisir la bonne taille

Aussi technique que soit une chaussure, elle n’apportera qu’inconfort voir blessures si elle n’est pas parfaitement adaptée.

  • Vos deux pieds étant de tailles légèrement différentes, fiez-vous toujours à votre pied le plus large.
  • Ne choisissez pas selon votre pointure habituelle. Faite mesurer votre pied et choisissez seulement après avoir essayé vos chaussures aux deux pieds.
  • Mieux vaut tester les chaussures en fin de journée, quand vos pieds sont les plus larges.
  • Si vous êtes une femme avec un pied large ou long, n’hésitez pas à essayer les chaussures pour hommes.
  • Portez vos chaussettes utilisées normalement pour le sport.
  • Si vous vous demandez si une chaussure est trop petite quand vous l’essayez, vous avez votre réponse. Elle n’est pas faite pour vous.

 

4. Le confort

Vous devez vous sentir à l’aise dès que vous essayez votre nouvelle paire de chaussures. Contrairement aux chaussures de ville, ne vous dites pas que vos chaussures de sport vont petit à petit s’adapter à votre pied. Elles sont conçues pour être immédiatement portables, sans douleur.

Vous devez sentir un bon maintient de votre talon dans la chaussure. Un talon qui n’est pas stabilisé est souvent synonyme de futures blessures.

Le problème est d’autant plus évident si vous souffrez de déformations du pied comme un hallux valgus (aussi appelé oignon) ou des orteils en griffe. Les inflammations de l’insertion du tendon d’Achille, marquées par une bosse sur l’arrière du talon, représentent aussi une pathologie imposant un chaussage stricte.

 

5. Modifications

Beaucoup de problèmes de pieds sportifs peuvent être compensés par un échauffement, des étirements ou un changement de chaussures. Pourtant, vous avez choisi une chaussure adaptée et confortable, mais après plusieurs courses vont ressentez des douleurs nouvelles dans le genou ou le pied ? Il arrive parfois que votre pied nécessite un ajustement fin au niveau des chaussures pour vous permettre de courir en toute sécurité. Il est impossible pour les designers de chaussures de sport de prévoir chaque situation anatomique ou biomécanique et ils s’efforcent avant tout de s’adapter au plus grand nombre.
Les modifications internes comme par exemple des semelles sur mesures ou des appuis retro-capitaux , peuvent être bénéfiques pour la santé de votre pied. Si vous êtes un grand coureur, ou que vous souffrez régulièrement de vos pieds, c’est une option à considérer. Le coût supplémentaire sera largement compensé par le bénéfice.

Récidive après chirurgie d’hallux valgus

Auteur: Dr Adrien Ray

1. Quelle est la fréquence des récidives de la chirurgie du pied?

Elle dépend avant tout du type d’intervention choisie et de l’âge du patient.

Chez l’adulte, le taux recensé de récidive et de 2 à 4% (Mann et al.). C’est habituellement le risque rencontré lors d’une chirurgie du pied moderne où une coupe dans l’os est effectuée, déplacée, puis fixée, afin de réaligner le gros orteil. Ce taux peut grimper jusqu’à 50 % dans les chirurgies où seule une excision de la bosse a été effectuée. C’est pour cette raison qu’on corrige pratiquement systématiquement les hallux valgus par une coupe osseuse, car les anciennes chirurgies, plus légères, montrent des résultats décevants.

Chez l’adolescent, elle peut être élevée et, suivant les études publiées, peut aller de 10 à 40%. Elle s’explique souvent par une mauvaise analyse de la cause de la déformation qui est souvent différente de l’hallux valgus développé chez l’adulte. On ne traite donc pas forcement une jeune fille de 14 ans comme une femme de 50 ans.

2. Quelles en sont les causes?

La compréhension de la cause de la déformation est primordiale dans la planification chirurgicale. Chaque pied est différent et il n’existe pas une chirurgie du pied corrigeant tous les hallux valgus. Longtemps, les causes de ces déformations n’étaient pas vraiment comprises, ce qui explique le taux important de récidives chez les patients opérés il y a de nombreuses années.

Les études scientifiques anatomiques et les études de patients opérés ont permis de classifier les hallux valgus selon leur forme, leur degré et parfois leurs causes. Toutes les chirurgies possibles (il en existe plus de 200) sont désormais spécifiques à certaines formes d’hallux valgus et ne doivent être proposées que dans ces conditions. Par exemple, un patient âgé, souffrant simplement d’une bosse dans un contexte de léger hallux valgus et arthrose, est un très bon candidat pour une simple excision de la bosse ou pour une autre chirurgie légère. Les suites seront simples et les douleurs clairement diminuées. La même chirurgie chez un jeune patient pourrait donner de bons résultats durant quelques mois, mais la déformation progressant, il se présentera 6 mois après pour une récidive invalidante. Il faut donc lui proposer d’emblée une chirurgie un peu plus lourde mais définitive.

3. Comment choisir la bonne chirurgie ?

C’est évidemment la question que se pose tout patient et tout chirurgien. Il n’y a pas de réponse exacte et elle dépend de nombreux facteurs. C’est ici le rôle du chirurgien d’expliquer au patient son problème, sa cause si elle existe, et le moyen de le corriger. L’expérience personnelle de l’opérateur est un des facteurs clés. Chaque chirurgien doit connaître plusieurs interventions pour corriger un hallux valgus et son expérience personnelle lui permettra de choisir le geste adéquat. Il y a de très nombreuses options possibles pour corriger une déformation et il n’y a pas de consensus exact affirmant que tel hallux valgus nécessite telle intervention. Il faut savoir apprécier l’âge du patient, ses demandes et buts ainsi que le type de déformation pour offrir le geste le plus spécifique possible.

4. Que faire en cas de récidive ?

Avant tout, ne pas baisser les bras. Les récidives existent et ne signifient pas qu’elles sont définitives. Il y a généralement un moyen de les corriger.
La première question à se poser: Est-ce que cette nouvelle déformation me gêne vraiment ? Au delà du caractère esthétique, une récidive légère peut être parfaitement indolore et dans ce cas, il vaut mieux réfléchir clairement à la nécessité d’une nouvelle intervention.
Si la douleur ou la gêne réapparaissent, il est alors conseillé de consulter un spécialiste. Des modifications dans les chaussures ou semelles peuvent parfois suffire à diminuer significativement la gêne. En dernier recourt, la chirurgie peut être envisagée.

5. Quelles sont les options ?

La chirurgie du pied dépendra de la déformation et de sa cause.
On note souvent des récidives en cas de correction insuffisante ou inadéquate lors de la première chirurgie. Dans ce cas, on effectuera une nouvelle correction, cette fois-ci, suffisante.
Parfois, seule une petite bosse signe la récidive sans déviation du gros orteil. On peut alors discuter d’une simple excision de cette bosse, par chirurgie ouverte ou percutanée.
Enfin, certaines personnes montrent malheureusement une atteinte importante de l’articulation accompagnant cette récidive, et dans ce cas l’option de choix reste l’arthrodèse, autrement dit le blocage définif de l’articulation.

Dans tous les cas, il est important de comprendre qu’une chirurgie de reprise est toujours plus complexe techniquement qu’une chirurgie de première intention.

Pour en savoir plus sur le traitement et les causes de l’hallux valgus…